Orchidées Colombie

Des Orchidées de Colombie

Plus de 2000 espèces botaniques d’orchidées sont originaires de Colombie. Des 8000 photos de notre voyage nous ne présentons qu’une petite poignée, les plus rares, des minuscules, qui vivent dans les forêts nuageuses à 2000 m d’altitude sur la cordillère occidentale, celle qui fait face au Pacifique. Nous avons suivi Eduardo, professeur de botanique à l’Université de Cali, dans ses coins les plus secrets. Sans son aide nous serions passés à côté sans les voir et en tout cas en ignorant leur nom.

Originaire des forets côtières le genre Psychopsis comporte 4 espèces. Nous aurions bien voulu le voir dans sa forêt mais la zone était encore fermée par l’armée.


Condilago rodrigoi est endémique de Colombie, nous en avons ramené deux plans et, chose rarissime, ils ont fleuri chez nous, l’année où l’été avait été si pourri. Un vrai temps de Colombie. la fleur fait tout de même plus d’1 cm de haut.
et il y a encore plus petit dans le genre poilu :

Cette profusion de poils est bien utile pour une si petite fleur sans couleurs remarquables. Les pilosités sont en fait des diffuseurs de parfums. Mais c’est pas fait pour nos gros nez.

Voilà comment Eduardo sauve les orchidées en perdition. A chaque sortie nous revenions avec un sac de plants. Coup d’œil circulaire pour choisir le tronc le mieux orienté, un bout de ficelle l’aider dans ses débuts et le parc fait le reste. Eduardo n’intervient plus.

Pff, bonjour la photo, La fleur ne dépasse pas les 5mm de diamètre et la moindre brise fait bouger les hampes.


le genre stellis, très présent dans le parc, a des fleurs minuscules mais bien alignées sur la hampe. Heureusement pour les petits insectes polinisateurs qui passent d’une fleur à l’autre plus facilement.

Dans l’ordre d’apparition des acteurs : S.superbiens, S.sp, S.lindenii.

Avant d’aller faire un tour en montagne allons jeter un coup d’œil au petit peuple du parc d’Eduardo :
Scaphosepalum erizado

Toutes petites fleurs avec 2 pétales latéraux incroyables.

Pleurothallis indotrachys, la famille des pleurothallinidés est très nombreuse.

Pratique les doigts, ça donne l’échelle.

Masdevallia ventricularia représente ici les Masdevallia, difficiles à élever chez nous, ils aiment la fraicheur, l’humidité mais pas la pluie …

Ce Keferstenia a une histoire : photo impossible à cause d’une feuille pourrie malencontreusement tombée sur les fleurs. Eduardo a accepté EXCEPTIONNELLEMENT de l’enlever, sinon, il n’intervient JAMAIS.


Toutes les bestioles présentes sur ce magnifique Dracula chimaera illustrent bien la vie réelle faite à ces plantes. Je l’ai photographiée tous les matins, en bouton, ouverte, bouffée, mais aussi fécondée.
Allez c’est parti pour l’expédition de la journée. Le long du chemin un témoin nous regarde passer depuis sa longue hampe pointée dans tous les fossés et bords de chemins.

Cette couleur éclatante d’Epidendrum radicans se voit de loin.

le genre Restrépia aime coloniser les vieilles souches et autres poteaux de clôture au bord des chemins, Des centaines de plants recouvrent entièrement leur support.
Dans la pénombre de la forêt de nuages, où il ne pleut pas tout le temps mais où tombent sans arrêt des gouttes d’eau dûes à la condensation sur les feuilles de la canopée, nuance, mais on se mouille tout de même, on avance, on glisse et …
… une apparition , sur sa branche basse moussue Epidendrum nocturnum pousse en avant sa fleur. Ces rencontres sont inoubliables.
Sur le chemin du retour, en contrebas de la route, un gros arbre couvert d’orchidées, il mérite une photo, non ? Mais en dessous une ferme tenue par une femme et ses fils, nous allons la saluer. A l’entrée du chemin, un piquet en signe de bienvenue, avec ficelé dessus, Cattleya Trianae, l’emblême de la Colombie.

De nombreuses maisons arborent cette orchidée, même en ville, mais nous ne sommes pas au bout de nos surprises. La boite aux lettres est colonisée par un énorme Vanda et derrière la ferme, à côté des légumes, une ombrière abritant la collection perso de la fermière. (Une ombrière c’est 4 piquets avec comme toit un filet laissant passer 50% du soleil).
la pièce maîtresse présentée avec fierté par la brave dame :
Schomburkia est un genre spectaculaire, une forte plante donne des hampes florales invraisemblables, plus de 3cm de diamètre, 3m de long et poussant à l’horizontale, au bout une tête de très gros fleurons aux pétales épais et vernissés.


Eduardo nous a aussi emmenés dans les nurseries d’Andréa Niessen où nous ne savions plus où donner de l’objectif :

Bulbophyllum medusae

Colombiana silverstonei, endémique

entre 15 et 20 fleurons sont suspendus à une hampe pendante. Tous s’ouvrent en une nuit et la floraison dure une dizaine de jours.
Comment cette fleur a-t-elle pu imiter le vol stationnaire du colibri ???


Epidendrum porpax

encore un monstre d’1cm de haut.


curieuse fleur rappelant le lys des rois de France


Les lycastes sont en passe de devenir des plantes commerciales en Europe

Bon d’accord, cette orchidée n’a pas d’avenir commercial. Mais la main qui tient ce petit plan est celle de Pablo, le gardien de la nurserie, si fier de nous monter cette rareté.

Ornithocephalus bicornis

Maxillaria flexuosa représente ici une grande famille.

Masd. wendlandiana

Marsupiaria valenzuelana ressemble à une crassula avec ses feuilles épaisses, la fleur n’est pas formidable mais le collectionneur chanceux qui la voit exulte tant elle est difficile en dehors de sa foret natale.

beaucoup de Maxillarias poussent dans le parc du Yotoco qui est une zone protégée et objet d’étude au long cours. Cette forêt a été exploitée puis rendue à l’état sauvage. En quelques années la biodiversité a repris ses droits. chaque km² est examiné régulièrement et comporte maintenant plus de 600 espèces d’arbres différentes. Ces Maxillarias sont revenus tout seuls s’installer dans ce paradis.

Les sigmatostalyx ne sont pas trop difficiles à élever.

Toutes petites fleurs avec 2 pétales latéraux incroyables.

La plus belle de toutes les fleurs d’orchidées. Cette drôle de tête d’oiseau en porcelaine est en fait un pétale. Chez les orchidées il se nomme « labelle » et prend des formes extraordinaires

et parce qu’il faut bien retourner chez nous, la photo que nous n’avons pas prise malgré 15 jours à surveiller ses boutons :

Eduardo nous l’a expédiée par mail.
Jean-Marc

A propos de Jean-Marc

Charollais (avec 2L) versé dans l'élevage des orchidées. je les ai beaucoup photographiées mais avec un succès mitigé. je compte bien faire des progrès.